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Blog "La Minute Technique"

Faire des vocalises, lesquelles, comment, pourquoi?

Faire des vocalises, lesquelles, comment, pourquoi?

Faire des vocalises, lesquelles, comment, pourquoi?





J’ai lu dans son regard un « ce prof est nul ».

Alors que je l’invitais à chanter un morceau, François m’a dit: « comment? on ne fait pas d’abord des vocalises?? un échauffement, au moins? » Je lui ai répondu que sans jamais l’avoir entendu chanter, je ne voyais pas l’intérêt de « prescrire » quoi que ce soit. Cette image - que j’ai trouvée amusante sur le coup - n’a rencontrée chez lui que... du désenchantement.

"Faisons de la musique ensemble pour commencer, lui dis-je! ! Entre amis!" Mais non, je n’étais manifestement pas son ami. Et je me désolais de l’imaginer dire à ses potes guitaristes ou pianistes lors d'une soirée: « les gars, avant de chanter avec vous, je vais m’isoler dans la cuisine pour faire des vocalises ». Urfff

François avait déjà pris des années de cours mais ne voyait plus de progrès. Il avait vu de nombreux profs avant de venir chez moi, poussé voire intrigué par je cite, « une pédagogie moderne ». Je crois qu’il n’avait pas prévu qu'il n'y aurait pas chez moi, tout ce qu’il avait fait partout ailleurs c'est à dire de « l’exercice vocal , vocaliser, se chauffer, apprendre à placer sa voix, apprendre à respirer, ect. ».

Pourquoi je n'encourage pas la pratique des vocalises, pourquoi je pense que nous avons oublié "comment apprendre à chanter", c’est ce que je vous propose de vous expliquer ici.

D’abord qu’est ce qu’une vocalise?

Selon le Larousse: «Formule mélodique, écrite ou non, chantée sur des voyelles et de préférence sur a. L'enseignement du chant utilise la vocalise comme procédé permettant de contrôler la régularité et la qualité de l'émission du son». Et Wikipedia de compléter: « Dans le domaine de la musique, la vocalisation est l'action d'exercer sa voix, de chanter des gammes, des arpèges, des trilles ou des traits, sur une seule voyelle, sans articulation. (…) Par abus de langage, le terme de vocalise peut aussi reprendre toutes les formes d'échauffement de la voix pratiquées par un chanteur (ou un groupe choral) avant une répétition ou une prestation.»

Voici quelques exemples dans cette video:

Un peu d'histoire...

Historiquement, le classique a un poids important. Tellement que le Conservatoire de musique, établissement public, n’a commencé à ouvrir des classes de chant (et autres instruments) musiques actuelles que depuis une vingtaine d’année. L’étude du chant de styles autres que le classique, puis le jazz, n’a jamais jusqu’alors été considérée. Comparativement au poids dans notre société de ces musiques et l’engouement qu’elles suscitent, c’est difficilement compréhensible.

Armande Altaï formée au Conservatoire d'art dramatique et lyrique de Marseille, Richard Cross chanteur d’opéra, formé au Conservatoire de musique de Bordeaux et même Anne Ducros, pourtant chanteuse de jazz, (mais sur le tard) formée au Conservatoire de musique de Boulogne-sur-Mer...Voilà les profs de chant de télé-réalité comme la star academy pendant des années. Pourtant dans cette émission, on n'entend rarement des airs d’opéra.

C’est comme ça... vous entendrez encore dire que pour apprendre à chanter du Adele, du David Bowie ou du Marvin Gaye, il faut apprendre à chanter du Bach ou du Heandel.

L’enseignement du chant classique sur un piédestal, les vocalises et "le travail de la voix" ont traversés les siècles et sont encore utilisés de nos jours pour apprendre à « placer sa voix » (une expression qui a autant de définition que de personnes qui la définissent). Et qu’importe que les connaissances scientifiques de l'époque sur le fonctionnement de l'appareil vocal furent approximatives et inexactes. Les vocalises d'hier qui ont découlées de ces connaissances, sont encore là aujourd'hui et utilisées pour former les chanteurs et chanteuses de demain.

Ce travail de la voix est resté pendant un temps cantonné aux apprentis chanteurs classiques. Mais faute de client, certains professeurs se sont improvisés "prof de chant musiques actuelles" aussi, des styles qui leur sont au mieux méconnus et incompris.

Chanter du classique ou du rock n’est pas pareil. La recette vocale n’est pas la même. Lorsque dans l’apprentissage du chant on mélange de la « technique » et une esthétique éloignée de celle désirée, c'est problématique. Si je veux apprendre à danser de la salsa, je n’apprend pas à faire des mouvements de danse classique. Je peux certes trouver des ponts mais cela reste limité.

Néanmoins, tout cela à commencer à changer dés lors que de nombreuses méthodes et approches sont arrivées chez nous depuis une quinzaine d'année (oui, car elles sont présentes depuis bien plus longtemps outre manche, outre atlantique et dans le nord de l'Europe). De SLS à CVT en passant par Estill, ces approches ont fait la distinction entre un travail vocal et les styles musicaux. Comme la plupart de ces méthodes se basent sur des connaissances scientifiques (pas toujours actualisées du reste), cela a donné un bon coup de fouet aux bonnes vieilles vocalises.

SLS (Speech Level Singing) est une "méthode" dinosaure qui a basé son travail quasi uniquement sur des roulements de lèvres, comme dans cette vidéo. Très en vogue pendant un temps, l'exercice contrastait avec les vocalises classiques et donnaient un résultat immédiat en agissant sur le débit d'air (pour faire très très simple). De là à en faire un exercice miracle et unique, c'était exagéré. Mais le marketing est passé par là.

Estill et CVT et autres dérivés n'ont pas de vocalises dans leurs méthodes puisque les deux décomposent la voix en éléments physiques et/acoustiques qu'on modèle comme on veut. La force de ces méthodes est de ne pas avoir de parti pris esthétique et d'accepter tous les sons possibles de la voix.

(Si vous voulez en savoir plus sur les méthodes de chant, je vous invite à la lecture de mon autre article sur le sujet.)

Alors peut-on faire des exercices vocaux dénués de parti pris esthétique et est-ce bénéfique?

A la première question, je répondrai oui, bien sûr. Mais l'important est de savoir c'est si c'est bénéfique, si je peux apprendre quelque chose avec? Et là je réponds: pas vraiment. Nos amis de la video au-dessus vocalisent, font fonctionner les muscles de la production vocale... mais n’apprennent pas grand chose. S’ils chantent un morceau juste après, ils verront des bénéfices et ils seront satisfaits. Tant mieux, mais ils ne chanteront pas vraiment mieux sur du long terme. Dans ce qu'ils font, seul le fait de chanter leurs morceaux apportent un bénéfice durable. Les "exercices" précédents n'ont rien apportés et il est inutile de cacher ça en les nommant du "reveil vocal" ou de l'echauffement. En d'autres termes, ils auraient mieux fait de chanter tout de suite.

Reproduire et répéter une poignée de schémas vocaux de façon compulsive sur toutes les hauteurs de sa voix est un piège. C'est au mieux inutile, souvent contre-productif. On sait aujourd'hui grâce aux neurosciences, que si l'on répète quelque chose toujours de la même façon, notre cerveau finit par s'ennuyer. S'il s'ennuie, on s'ennuie, et c'est un fait, nous ne prêtons pas attention à ce qui nous ennuie. Nous reproduisons donc bêtement quelquechose alors que l’attention joue un grand rôle dans l’apprentissage: la stimulation de notre curiosité permet de créer de nouveaux réseaux de neurones, modifie la structure et la fonction de notre cerveau suivant "ces explorations de curiosités". Par conséquent, il serait bien plus bénéfique d'utiliser la repetition comme une façon de constamment chercher à modifier, colorer, étendre, donner plus de sens, chercher des applications etc. Avez-vous déjà écouté/regardé une personnes faire ses vocalises? Il n'y a pas grand chose de ludique, aucune recherche, aucun errements, aucune exploration! Le but et le résultat attendu de la vocalise sont dictés par l'enseignant ne laissant aucune place à l'imagination de l'élève.

Aussi, bien souvent dans le travail des vocalises tel qu'il est fait dans 90% des cas, il n'y a aucune démarche ou temps pour l'experience sensorielle vécue. Elle est pourtant fondamentale dans une discipline aussi somatique que le chant. Et enfin, une des raisons pour lesquelles je trouve aussi plus bénéfique de travailler sur un morceau et non sur des vocalises, est que les morceaux véhiculent des émotions qui permettent à notre cerveau de mieux retenir les informations. Les émotions ont un rôle important dans le fonctionnement de la mémoire. Coupler une émotion à un son, une couleur, une fonction c'est l'assurance qu'elle soit retenue.

Pour démontrer tous ces points, j'aime utiliser l'image du vélo. J'ai appris à faire du vélo probablement comme vous, poussé par ma mère et mon père sur un petit chemin. Malgré les conseils, j'ai essayé d'une façon puis d'une autre, jamais pareil. On m'a dit de regarder devant, sentir mes pieds appuyer sur les pédales, tenir le guidon bien droit etc. Cela ne m'ennuyait pas d'apprendre à faire du vélo, sinon j'aurais arrêté je suppose. J'en garde un bon souvenir d'enfance, d'une relation avec mon père, teintée d'émotions.

Voilà tous les éléments d'un apprentissage experientiel qui font qu'à présent, même si je ne fais pas du vélo tous les jours, dés que je monte dessus je n'ai rien oublié.

"Non, je ne suis pas d'accord! une voix ca se travaille! Tous les grand(e)s artistes ont fait et font des vocalises!"

Bon...

J’ai beaucoup de mal à imaginer nos ancêtres, dans des cultures proches ou éloignées aux quatre coins du monde, faire des mia mia mia mia mia miiiiiiiiiaaaaa…... Je doute que les pionniers du blues ou du gospel issus d'un peuple Noir réduit à l'esclavage avaient loisir d'y passer beaucoup de temps… Mes arrières grands-parents bretons chantaient lors de fest-noz et leurs maigres revenus agricoles ne leur permettaient pas vraiment de prendre des cours de chant. Croyez-moi, ils n'avaient rien à envier à des chanteurs entrainés et sur-vitaminés à la vocalise...

Plus simplement, allumez la radio, épluchez votre mp3thèque et demandez-vous combien de vos artistes favoris ont vocalisés des heures ou se préoccupent vraiment de leur respiration? Une minorité, c'est certain. Même les "grandes voix". Aretha Franklin, Ella Fitzgerald des cours de chant? Mariah Carey non plus (même si maman Carey était chanteuse lyrique). La majorité des artistes que vous écoutez ont souvent pris des cours plus tard dans leur carrière. Nous les croyons biberonnés aux vocalises pendant des heures, mais il n’en est rien. Beaucoup ont fait partis d'un choeur (à l'église notamment), ce qui ne veut pas dire qu'ils ont exercés leur voix avec des exercices comme nous les concevons aujourd'hui, mais bien simplement chanté des heures durant. Il n'y pas d'inné, de "don", de "savoir bien respirer"(sic)... Leur "talent" vient de la pratique et de l'exploration avant tout, d'avoir chanté souvent très tôt leurs morceaux favoris, en les réinterprétant, et/ou d'avoir composé les leurs. Et surtout d'avoir portés sur leur chant une réflexion propre à le faire évoluer. Ou d’avoir eu un environnement, un contexte ou des événements dans leur vie qui ont influencés leur musique.

"En chant lyrique, dans l'opera, il faut vocaliser, apprendre à placer sa voix"

La recette vocale du style est certes moins ouverte que dans les musiques actuelles. Elle conserve (peut-être) depuis des siècles des paramètres acoustiques et esthétiques mais elle n'est pas figée pour autant. Elle diffère selon les chanteurs, les pays, les écoles et les nombreuses esthétiques et périodes historiques.(En vérité et n'en déplaisent à certain(e)s professeur(e)s et chanteur(euse)s lyriques d'aujourd'hui, nous n'avons aucune idée de comment on chantait il y a deux siècles et avant cela. On l'imagine. La mémoire s'est transmise par l'oralité mais a probablement bien été modifiée au fil du temps.)

Si on prend la respiration, le "je dois apprendre à respirer", des études ont été faites sur des chanteurs et chanteuses d'opéra qui montrent que leur façon de respirer est totalement différente les uns des autres. Ils ont pourtant appris la même sacrosanta respiration abdominale, mais leurs corps ne se comportent pas comme ils le pensent. Ils s'imaginent faire une respiration comme-ci, mais en fait pas du tout.

Doit-on laisser quelqu'un qui ne connait pas sa propre respiration nous expliquer et nous apprendre comment "bien respirer"(sic), si à l'arrivée, nous ferons quelque chose de différent de ce que nous pensons faire?

Il en va de même sur la position de la langue, du larynx, le formant du chanteur etc. (Regardez Domingo, Pavarotti et Carreras ensemble, et on voit les différences de placement de la langue par exemple) En vérité, alors qu'ils ont fait probablement des vocalises identiques, on constate (via IRM, laryngoscopie, etc) que leurs corps ne se comportent pas du tout comme prévu et comme peut-être ils le pensent!

Aujourd'hui, beaucoup de chanteurs et chanteuses lyriques, pro ou pas, se tournent vers des enseignements qui leur ouvrent des portes de la compréhension et la conscience de leur voix et leur corps. Ils délaissent ces exercices sclérosés dans lesquels ils ne trouvent que de l'ennui et un travail par la force auquel leur corps et leur voix ne répondent plus.

Nous aurions tort de croire que l'évolution de la pédagogie vocale vers quelques chose de moins rigide ne s'applique qu'aux musiques actuelles et abaisse le niveau technique général. Il n'est pas ici question d'être dans la technique ou pas, mais simplement un moyen de l'envisager.

Tout ça ne serait pas grave si l'enseignement par vocalises, images d'un autre âge et approximations physiologiques ne laissaient beaucoup trop de chanteurs sur le carreau. Ils restent coincés sur une route balisée, incapables d'en sortir et avoir d'autres itinéraires. Leur corps ne comprend pas ce qu'on attend lui, les muscles et structures travaillent dans une organisation qui n'a pas de sens. Le chanteur finit par se dire: "je ne suis pas fait pour ça".

"bah, je peux faire des échauffements quand même...

Mais c'est quoi un échauffement? Avez-vous une idée? Demandez à votre prof et faites en sorte de mettre sa réponse sur le grill de votre bon sens, de la science et notament des neurosciences. Et faisons un flashback dans l'Histoire du chant et de la musique: où a t-on vu que des peuples, tribus, villageois, familles, amis, faisaient des échauffements avant de chanter quoi que ce soit?

Tout cela n'a aucuns sens. Nous avons aujourd'hui remplacé ce qui devrait être de l'apprentissage par de l'échauffement.

Notre besoin de nous échauffer est directement lié à ce que nous ne savons pas faire dans notre chant. Lorsque vous n'arrivez pas à faire d'emblée quelque chose dans votre chant dés que vous le souhaitez, c'est qu'il y a une fonction, un processus ou une tâche à étudier pour que vous soyez toujours "prêt". Si vous vous échauffez avant de travailler cette fonction qui pose problème, vous ruinez son apprentissage.

A l'instar d'une experience scientifique, on cherche à apprendre quelque chose de nouveau sur nous ou à expliquer pourquoi certaines chose se produisent de telle manière. Un chercheur statue sur une hypothèse, fait des déduction, des observations, inductions, puis de nouvelles hypothèses etc. Si vous modifiez l'état de départ pour le rendre moins vulnérable aux tests que vous allez effectuer, ca ne sert à rien du tout.

Et cela s'applique dans le cadre d'un cours ou non, bien que ce soit encore pire dans un cours puisque par définition vous êtes supposés apprendre quelque chose.

"Et du coup on fait quoi?"

Je pense qu'il y a de nombreuses façons de concevoir, construire et organiser un cours de chant sans vocalise ni travail sur la respiration. J'ai une méthode parmi d'autres, qui reste perfectible et que je veux en constante évolution. A l'instar d'approches similaires de confrères et consoeurs, elle porte ses fruits et c'est tout ce qui compte.

Ce n'est pas le sujet ici de vendre ma méthode plus qu'une autre. Je rencontre tant de personnes qui s'étonnent que je ne fasse pas de vocalises qu'il me semblait important d'expliquer pourquoi. Vous pouvez continuer à en faire, continuer à prendre des cours dans lesquels c'est la base de l'enseignement. Mais lorsque la stagnation s'installe, que vous vous sentez enfermé(e), que votre chant est ennuyeux et fade, c'est qu'il est temps de se poser des questions. Pas sur vous, mais sur la méthode.

A vous qui êtes tombés sur cet article en cherchant quels vocalises faire, je vous présente mes excuses. Un conseil: n'en faites pas. Fermez votre ordinateur et chantez vos morceaux, écoutez-vous et faites vous confiance. Si vous le souhaitez, enregistrez-vous. Donnez vous le temps d'apprendre par votre propre experience. Ne vous laissez surtout pas formater par des exercices d'un autre âge même remis au goût du jour. Est ce que Björk aurait trouvé la folie de sa musique dans un arpège de Rossini ? Kurt Cobain le son éraillé dans une leçon du Vaccaj? Le prof de Brian Molko, d’Axl Rose ou d’Amy Whinehouse n’aurait probablement pas apprécié leur nasalité et ce son pincé et brillant. N’ont-ils pas une influence énorme aujourd'hui dans ce que vous écoutez?

La liste est longue de ces artistes singuliers non formatés aux exercices vocaux des manuels+MP3 « Apprendre à chanter en 12 semaines ». Vous n'y trouverez jamais le centième des richesses de votre voix et ça ne vous apportera aucune base que nou n'avez de toutes façons déjà!

Et François dans tout ça?

François a chanté son morceau... Oui, c'était propre, c'était juste et en rythme. Mais c'était lisse et scolaire. Faute de folie, d'émotions, de richesse et de proposer autre chose que l'exact copie de l'original.

Je n'ai pu cacher l'ennui que j'ai ressenti à l'écoute de François. Je pense qu'il ressent aussi de l'ennui à chanter de cette façon, déconnectée de "qui" il est. Mais j'ai eu beau essayer de le diriger vers son "moi artistique", ce fût sans succès: Il n'était pas prêt, pas assez ouvert. Il fallait le convaincre d'oser, de lacher prise.

Je sais qu'il y viendra. Ce n'était juste pas aujourd'hui. François m'a donné l'envie d'écrire cet article. J'espère qu'il tombera un jour dessus et se reconnaîtra.

A bientôt,

Et vous, qu'en pensez-vous?

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